EXPOSITION UNIVERSELLE DE 1867

A PARIS

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RAPPORTS DU JURY INTERNATIONAL
PUBLIÉS SOUS LA DIRECTION
DE M. MICHEL CHEVALIER

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VOITURES

ET

TENTES D'AMBULANCE

PAR

Le Docteur THOMAS-W. EVANS

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PARIS
IMPRIMERIE ET LIBRAIRIE ADMINISTRATIVES DE PAUL DUPONT
45, RUE DE GRENELLE-SAlNT-HONORÉ, 43

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1867

 

CHAPITRE I.

VOITURES D'AMBULANCE. ---CACOLETS, ETC.

Avant de présenter les réflexions que nous a suggérées l'examen des différents systèmes et appareils pour transporter les blessés, systèmes et appareils exposés au Champ-de-Mars, et avant de les comparer entre eux, il est indispensable d'indiquer brièvement les principes qu'il convient d'observer dans leur construction.

Ces principes ont été déduits en partie des nécessités généralement reconnues dans les armées en campagne, et en partie de l'étude des différents modèles exposés ; en un mot, de tout ce qui a été fait jusqu'à ce jour dans cette spécialité.

On ne peut donner naturellement que des règles générales relativement à la construction de ces véhicules, règles qui, elles-mêmes, peuvent subir des modifications en présence de certaines conditions climatériques et topographiques.

Il faut également se rappeler que, par suite des difficultés inhérentes à la construction des objets utiles, il est toujours plus aisé de reconnaître comment une chose devrait être faite que de la faire soi-même d'une manière parfaite.

La grande question à résoudre, c'est de savoir comment les malades et les blessés peuvent être transportés le plus humainement, le plus commodément pour eux-mêmes, et le plus convenablement pour l'administration. Le système qui permettrait de concilier l'intérêt particulier de l'individu avec l'intérêt plus général du gouvernement, serait par cette raison même celui qui devrait être accepté comme étant le seul réalisable, alors même qu'il ne présenterait pas un type de perfection absolue.

Une des qualités essentielles de la voiture d'ambulance, c'est la légèreté. C'est là une qualité tellement importante qu'on devrait écarter sans nulle hésitation tout ce qui ne sert pas au confort des blessés, ou n'est pas absolument nécessaire pour leur sûreté ou pour celle du véhicule même.

Une voiture d'ambulance doit être assez légère pour que deux chevaux puissent aisément la tirer partout où peut pénétrer une voiture, à travers les champs et les prairies, aussi bien que sur les routes macadamisées.

Elle doit être construite de manière à pouvoir pivoter sur elle-même, sans difficulté et sans danger, dans un cercle dont le diamètre excède à peine la longueur même de la voiture.

Non-seulement il faut qu'elle puisse être ventilée, mais on doit pouvoir l'ouvrir et y donner libre accès à l'air et à la lumière.

Il faut aussi qu'on puisse y transporter les blessés, assis ou couchés à volonté.

Avant tout, il faut employer tous les moyens pour éviter de fortes secousses à ceux qui sont gravement blessés. Pour y parvenir, il convient de faire usage de civières munies de ressorts, ou de poser les matelas et les sièges sur des ressorts fixes.

La construction intérieure doit rendre facile le chargement et le déchargement de la voiture. C'est là un point important, non-seulement par rapport aux blessés, mais aussi par rapport aux infirmiers.

Ceux qui sont gravement blessés ne devraient jamais être enlevés des brancards sur lesquels ils ont été portés dans la voiture, sauf des cas urgents. Pour cette raison, l'intérieur de la voiture doit être disposé de manière à ce que les brancards puissent y être facilement placés et en être retirés avec la même facilité.

Un petit espace devrait être réservé dans le véhicule pour un vase d'eau et quelques provisions indispensables, tandis qu'à l'extérieur, ou même à l'intérieur, on devrait trouver de quoi loger une ou deux civières supplémentaires.

Toutefois, on est presque toujours tenté, dans la construction des voitures d'ambulance, de faire plus qu'il ne faut absolument, désireux que l'on est de procurer plus de confort aux patients et plus de commodité aux infirmiers.

Il y aura toujours quelque différence d'opinion sur la nécessité et la valeur de ces perfectionnements ; mais, alors même qu'ils seraient tous d'une égale importance, il faudrait renoncer à quelques-uns d'entre eux; autrement, on aurait un système trop compliqué pour le service : la simplicité est ici une qualité sine quâ non.

La France a exposé deux voitures d'ambulance: une à deux roues et à en cheval, et une à quatre roues et à plusieurs chevaux. L'ambulance à deux roues pèse 293 kilogrammes et coûte 300 francs. Elle est destinée à transporter deux patients couchés. Les matelas, pouvant au besoin servir de civières, sont bien conditionnés au point de vue du chargement. Quoique celle voiture possède des qualités réelles, elle est cependant défectueuse, principalement parce que le timon étant fixé directement à la caisse de la voiture ; le moindre mouvement du cheval se communique an véhicule et produit un choc saccadé qui devient intolérable pour le patient, quand le cheval va plus vite qu'au pas. C'est là un inconvénient grave et qui a décidé le gouvernement des États-Unis à abandonner l'usage de cette sorte de voiture pendant la dernière guerre.

La voiture à 4 roues, pesant 930 kilogrammes et revenant à 1,200 francs, est destinée au transport de dix hommes assis, ou de deux couchés et deux assis, indépendamment des deux infirmiers. Cette voiture est solidement établie ; les côtés, les deux extrémités et le toit sont en bois. Elle est bien construite, mais beaucoup trop lourde pour un service effectif. La ventilation y est défectueuse, et les inconvénients que présentent le chargement et le déchargement sont trop considérables pour les patients comme pour les infirmiers.

L'Autriche a envoyé deux modèles réduits de ses voitures d'ambulance. L'une d'elles, la voiture-ambulance réglementaire, est pour ainsi dire un fac-simile de la voiture française à quatre roues, et elle prête aux mêmes objections que celle-ci : hauteur insuffisante, ventilation défectueuse, lourdeur excessive, etc.; l'autre est un modèle proposé d'une voiture d'ambulance à quatre roues et à deux ou à quatre chevaux; elle est destinée à porter deux personnes couchées et six assises. La voiture, recouverte d'une toile, est bien ventilée , et, comme elle s'ouvre facilement sur les côtés, on peut y soigner les blessés commodément; mais la caisse en est trop légère, et la nécessité où l'on est de faire le chargement sur le côté de la voiture est regrettable. La voiture tourne avec facilité, mais dans son ensemble, elle est trop lourde.

L'Italie est représentée par deux voitures d'ambulance. L'une, la voiture officielle, à quatre roues avec deux ou quatre chevaux, est construite pour transporter trois personnes couchées et deux assises, ou neuf assises, sans compter le conducteur. Elle a un double toit en bois, et une partie des côtés et des extrémités est recouverte de toile ; elle a une bonne ventilation ; elle tourne avec facilité, mais elle est d'une construction lourde et massive.

La voiture construite par M. Locati, de Turin, a la forme d'un omnibus. Elle est à quatre roues, avec deux ou quatre chevaux, et est destinée au transport de cinq personnes couchées, deux de chaque côté et une sur le plancher, et deux assises , ou de dix personnes assises, indépendamment du conducteur. Le prix est de 3,475 francs. Les siéges et les dossiers peuvent être employés comme des civières, et le chargement s'effectue sur les côtés. On a réservé la place nécessaire pour transporter de l'eau, de la glace, des cordiaux, des médicaments et des instruments de chirurgie. Ce véhicule est ingénieusement disposé, solidement établi, mais il est excessivement lourd et compliqué, en même temps que son prix est beaucoup plus élevé que celui des autres voitures d'ambulance exposées.

L'ambulance suisse à quatre roues, pour deux ou quatre chevaux, peut transporter quatre personnes couchées ou douze assises, ou deux couchées et six assises. Elle est recouverte d'une toile. La caisse en est basse et munie de bons marche-pieds aux côtés et aux deux bouts. Le chargement et le déchargement en sont faciles. Cette voiture présente de nombreux avantages, et n'est défectueuse que par rapport à ses trop grandes dimensions et à son poids considérable.

La voiture anglaise à quatre roues porte deux blessés couchés et six assis. Le poids en est de 746 kilogrammes. Elle est recouverte d'une toile imperméable. Les matelas sont munis de poignets, de roulettes et de ressorts. On la charge et décharge aisément, et l'espace intérieur est bien aménagé. Toutes les roues sont de même poids et de même grandeur, ce qui permet de tourner la voiture facilement.

Le principe d'employer dans la voiture d'ambulance des roues semblables à celles des chariots du service de transport général est discutable, car l'avantage que l'on a de pouvoir remplacer facilement les roues de la voiture ne se présente que rarement, tandis qu'on éprouve constamment les désavantages qui résultent des dimensions et du poids des roues.

Les États-Unis ont exposé trois voitures d'ambulance, à quatre roues pour deux chevaux.

Celle de Rucker, du poids de 575 kilogrammes et revenant à 1,900 francs, est destinée au transport de six personnes, sans compter le conducteur ; quatre personnes couchées et deux assises, ou dix personnes assises.

Les siéges sont disposés de manière à pouvoir servir de matelas qu'on étend sur le plancher, tandis que les dossiers, en s'ouvrant intérieurement, forment une rangée supérieure de matelas. La voiture est recouverte de l'étoffe de coton appelée cotton duck. Les avantages que présente ce véhicule sont une bonne ventilation et une grande légèreté; ses défauts sont la difficulté de charger et de décharger, et aussi de tourner. Ce dernier défaut est commun à toutes les voitures d'ambulance américaines.

La voiture Perot pèse 562 kilogrammes et coûte 1,500 francs. Elle peut transporter quatre personnes, sans compter le conducteur, deux assises et deux couchées, ou dix personnes assises. Les siéges peuvent être repliés, et l'on peut s'en servir comme matelas, mais ils sont fixés à la voiture. Pour éviter les chocs et les contusions, on a fait usage de ressorts en caoutchouc; c'est là une idée ingénieuse. Quoique la voiture présente des avantages réels, elle est néanmoins défectueuse, surtout parce que les siéges ne sont pas mobiles et que le chargement et le déchargement s'opèrent avec difficulté.

L'ambulance Howards, du poids de 637 kilogrammes, coûte environ 1,800 francs, et peut recevoir quatre personnes, indépendamment du conducteur, deux couchées et deux assises, ou huit personnes assises. Les civières sont munies de poignets; des ressorts latéraux et inférieurs sont fixés à une charpente attachée à la caisse de la voiture. Le chargement et le déchargement s'opèrent facilement, et les patients sont bien maintenus sur leur siége. Comme la plupart des voitures américaines, celle-ci est recouverte de cotton duck. A côté de certains défauts, cette ambulance présente de grands avantages, et, de toutes celles que j'ai examinées, elle est peut-être celle qui réalise le mieux les règles de construction que l'on a établies plus haut.

Comme moyens de transports pour les blessés, les cacolets et les civières à roue doivent jouer un rôle secondaire; toutefois, ces objets sont si nombreux à l'Exposition que nous devons en dire quelques mots en terminant.

Les cacolets réglementaires exposés par la France sont sans contredit supérieurs à tous les autres objets similaires, tandis que les civières à roues, de Shortell (de provenance anglaise et exposées trop tard pour être examinées par le Jury), ainsi que celle de Gauvin (France), sont les meilleurs modèles exposés.

La simplicité est chose indispensable dans la construction des brancards et des civières, et nous devons dire que ce principe a été généralement observé dans la construction de ceux qui se trouvent au Champ-de-Mars.

Les civières des armées française, anglaise et américaine n'offrent pas de différences notables dans leur construction et présentent les mêmes avantages.

 

CHAPITRE II.

TENTES D'AMBULANCE.

La tente d'ambulance doit être imperméable, d'une forme appropriée à sa destination et d'une construction simple ; on doit pouvoir la dresser sans difficulté, et, quoique légère, elle doit offrir une solidité suffisante lorsqu'elle est dressée, et être compacte lorsqu'on la transporte.

Pour que la tente soit imperméable à la pluie, elle doit avoir un double toit ou deux ailes. Ce principe a été observé dans la construction des tentes d'ambulance anglaises, prussiennes et américaines, qui sont aussi des tentes munies de toits inclinés et de parois perpendiculaires. Cette forme est préférable à la forme conique, non-seulement parce qu'elle permet de munir la tente d'un double toit, mais parce qu'elle permet aussi de mieux utiliser l'espace intérieur.

On objecte que ces tentes sont plus facilement renversées par le vent que les tentes coniques et qu'elles exigent l'emploi d'un nombre de pieux plus considérable et beaucoup plus de cordages. Toutefois, l'expérience a prouvé que, lorsqu'elles ne sont pas démesurément grandes, elles offrent une sécurité suffisante, et, quant à l'accroissement de charge qu'elles occasionnent, on doit le regarder comme peu considérable en raison de la nature restreinte du service d'ambulance et le but spécial et important qu'on a en vue.

Dans l'armée française, il n'y a pas un genre spécial de tentes pour le service d'ambulance. On se sert de la tente conique ordinaire destinée à abriter seize hommes d'infanterie. Le diamètre en est de 5m70, la hauteur de 3m25; le poids est de 72 kilogrammes 14 et le prix de 237 francs. Elle est faite de toile de lin, est soutenue par une seule poutre centrale et est attachée par des cordes courtes. Sa longueur extrême de piquet à piquet est de 6m 50 ; la partie inférieure de la tente est munie d'un rideau d'une largeur de 0 m 36, lequel peut être levé et employé comme ventilateur, tandis qu'une ouverture permanente, qui se trouve à la partie supérieure, laisse échapper l'air vicié.

Cette tente possède presque toutes les qualités essentielles d'une tente militaire, quoique la matière dont elle est faite ne soit pas assez serrée et suffisamment imperméable; mais comme tente d'ambulance, on ne saurait l'approuver. Sa forme offre des inconvénients, non-seulement pour les blessés, mais pour le chirurgien et ses aides.

La tente prussienne exposée an Champ-de-Mars a une forme oblongue. Elle mesure 13m33 de longueur et 4m38 de hauteur, avec des parois latérales hautes de 1m50. Elle est soutenue par une charpente tubulaire eu fer et est attachée au moyen de cordages. Elle a un double toit et un rideau à chaque bout, lequel, tombant du toit sur le sol, forme avec la paroi de la tente un espace intermédiaire de 1m30 de largeur. Dans le toit se trouvent deux ouvertures circulaires qui assurent la ventilation de la tente, qui est faite avec de la toile de lin d'une belle qualité. Du reste, cette tente est trop grande pour pouvoir être dressée et transportée facilement. Elle offre une trop grandes surface à l'action du vent, puisque pour la mettre en sûreté on doit faire usage d'une charpente lourde et compliquée. Quoiqu'on ait eu soin de la munir d'une aile ou d'un double toit, les principaux avantages que celui-ci offre ordinairement sont perdus, cette aile ayant été étroitement unie au toit de la tente même.

La tente d'ambulance anglaise est une tente double. La tente intérieure a 28 pieds de longueur, 15 de largeur et 12 de hauteur ; ensemble 5,040 pieds cubes de pied anglais est de 0m3047). La partie inférieure forme une ellipse avec des parois droites de 5 pieds de haut; la partie supérieure est un triangle et deux demi-cônes. La tente est attachée par des cordages à une poutre transversale de 14 pieds de longueur, soutenue par des pieux droits de 14 pieds de longueur, et divisée en deux sections. Elle est attachée au moyen de cordes. La tente extérieure recouvre entièrement la tente intérieure; elle repose sur la poutre transversale et est maintenue en place par des cordages. L'espace entre les deux tentes est en moyenne de 2 pieds.

Les parois des deux tentes sont divisées en sections et s'élèvent jusqu'à la toiture sur les côtés comme aux extrémités. Les tentes sont faites en toile de lin de bonne qualité. Nous ignorons au juste le poids et le prix de cette tente, qui est assurément excellente pour le service hospitalier. D'une forme convenable, elle est imperméable ; elle peut être ventilée complétement et facilement ; elle offre aussi de la sûreté lorsqu'elle est dressée. Toutefois, son prix, probablement très élevé, et son poids, sont de sérieux inconvénients. On peut encore objecter qu'il y a là deux tentes qui n'en font qu'une en définitive, la lente extérieure, la plus grande et la plus coûteuse, ne servant qu'à un usage accessoire et secondaire; aussi devons-nous considérer la construction de cette tente comme défectueuse, malgré ses incontestables qualités.

La tente-ombrelle (umbrella tent), construite par M. Richardson et exposée au nom de la Commission Sanitaire des États-Unis, est une grande tente circulaire de 6 mètres de hauteur et d'un diamètre de 7m85 à sa base, soutenue par une poutre centrale; celle-ci est divisée en deux sections, et des pièces, qui rayonnent du centre au moyen d'un appareil spécial, tiennent la tente tendue à la manière d'une ombrelle ouverte. Les côtés sont soutenus par des cordes courtes, l'insertion desquelles se trouvent un rideau de 0m65 de largeur, qui descend perpendiculairement sur le sol. La tente est construite avec une étoffe de coton appelé cotton duck et coûte 700 francs. Cette tente a des mérites réels : la ventilation y est bonne sur les côtés et à la partie supérieure; elle peut être dressée promptement; sa forme permet de la plier et de la transporter facilement, et l'intérieur en est spacieux et commode. Toutefois, aucune mesure n'a été prise pour la rendre imperméable à la pluie, et le mode de construction en est trop compliqué: plusieurs pièces sont trop fragiles; les jointures doivent se disloquer aisément, et il n'est pas toujours facile. en campagne de remplacer les unes ni de réparer les autres.

La tente d'ambulance exposée par la Commission Sanitaire américaine, et généralement employée par le gouvernement des États-Unis pendant la dernière guerre civile, a 14 pieds de longueur, 1 de largeur, et, au centre, 11 pieds de hauteur, avec parois latérales de 4 pieds 1/2 de haut. Elle est destinée à recevoir huit patients. Elle est maintenue par deux pieux et une poutre transversale, chacun ayant deux sections. L'une des extrémités est disposée de telle sorte qu'on peut y annexer une ou plusieurs tentes, et que toutes n'en forment qu'une seule avec toiture continue.

Cette tente est munie d'une aile ou toit supplémentaire, lequel repose sur la poutre transversale, et est élevé de plusieurs pouces au-dessus du véritable toit qu'il recouvre entièrement. La matière employée dans la construction de cette tente est l'étoffe de coton très-serré (cotton duck), dont il a été déjà parlé. Le prix total est de 300 francs. Les avantages que cette tente présente sont simplicité, bon marché, forme carrée et parois perpendiculaires, imperméabilité presque absolue de la toile, et enfin l'aile, laquelle, tout en offrant un abri supplémentaire contre la pluie et l'humidité, protège également contre les rayons du soleil et produit une fraîcheur suffisante, l'espace entre les deux toits restant ouvert. En outre, cette aile étant mobile, elle peut être ramenée en face de la tente quand le temps est beau et sec, et contribuer ainsi à augmenter l'ombre et la fraîcheur. Dans sa construction on a négligé d'assurer la ventilation par la toiture; c'est là peut-être une faute. On pourra néanmoins y remédier facilement chaque fois que la ventilation par les extrémités paraîtra insuffisante. L'établissement de cette tente réglementaire offre assurément de grands avantages, et l'étoffe de coton dont elle est faite est moins perméable que la toile de lin, tout en étant beaucoup moins chère. Toutefois, l'expérience seule pourra faire savoir si cette étoffe est assez durable sous tous les climats pour pouvoir être employée partout avec économie.